Un grand amour
Un grand amour de Nicole Malinconi interprétée par Janine Godinas © Virginie Lançon

2017

Un grand amour

Nicole Malinconi

Compagnie JCB, Château de Goutelas, Théâtre de Roanne, Rideau de Bruxelles & Théâtre des Martyrs

Histoire de confronter mon histoire personnelle avec l’Allemagne à travers d’un personnage évoquant ma « famille allemande »

  • Décor : Rudy Sabounghi
  • Costumes : Rudy Sabounghi
  • Assistanat : Suzanne Emond
  • Lumières : David Debrinay
  • Images : Florian Berutti
  • Technique : Sylvain Tardy
  • Distribution : Janine Godinas

Regardez la vidéo de Un grand amour”

Elle s’appelle Theresa, Theresa Stangl, et elle a existé. Elle a été la femme d’un exterminateur de masse (Treblinka, Sobibor, ça vous dit quelque chose ?) arrêté au Brésil en 1967, ramené en Allemagne, incarcéré à la prison de Düsseldorf, jugé et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.  Elle est restée à Sao Paulo, ville de leur exil. C’est là, après la mort de son mari,  en 1971 qu’elle a reçu la visite de Gitta Sereny, auteure et journaliste anglaise d’origine autrichienne. L’année d’après, les entretiens de la journaliste avec Franz Stangl et avec Theresa, sa femme, ont paru dans un livre parcouru d’une seule interrogation, d’un seul tourment : comment, par quel oubli de lui-même, un homme peut-il en arriver à s’oublier et à organiser la mise à mort de centaines de milliers d’autres, comme on dirige une quelconque entreprise ?

 

Nicole Malinconi a imaginé que, dans sa maison du Brésil, elle, Theresa Stangl a reçu le livre de Gitta Sereny, longtemps après l’avoir rencontrée, et  qu’elle l’a lu…  Et elle se souvient, Theresa. Et elle tourne encore dans tous les sens son passé, sa rencontre avec cette femme exceptionnelle qu’est Gitta Sereny, toute habitée par la recherche de la vérité. Elle revoit son visage, lui demandant si elle pensait que son mari, par amour pour elle aurait pu, si elle le lui avait demandé, lâcher son travail dans les camps, et Theresa reformule encore ses deux réponses… Oui … Non …

 

Elle revoit le beau visage de Gitta Sereny et, une dernière fois, par amour peut-être, lui raconte-t-elle encore, par delà l’océan, depuis sa petite villa de Sao Paulo, ce qu’elle croit être sa vérité… Elle a cru d’abord avoir été longtemps dans le déni. Mais ce n’est pas de ça qu’il s’agit, réalise-t-elle, enfin. Elle a vécu dans le désaveu. Dans cette défense qui  a tenté de faire coexister en elle deux réalités contradictoires. Tout au long de sa longue vie (depuis son mariage avec Franz Stangl en tous les cas), elle, Theresa, a établi un équilibre précaire entre ce qu’elle savait et ce qu’elle voulait maintenir coute que coute de son amour et de sa vie familiale… Les mots de la rencontre avec la journaliste et ceux du livre ont laissé en elle une trace qu’elle peut maintenant tenter d’élucider.

 

Elle sera seule, face à vous, dans la pâleur de sa vieillesse, elle vous parlera droit dans les yeux, Theresa Stangl, par la bouche de Janine Godinas et, croyez-moi, vous vous souviendrez d’elle !

 

- Création précédente
Création suivante -