CHEZ MARTHALER

Je savais à quoi m’en tenir pour avoir croisé Christoph Marthaler à la cantine du Schauspielhaus de Hambourg une heure avant le première représentation. Il m’avait dit dans un français parfait : « vous allez voir, cette fois c’est du sérieux, il y a du texte, beaucoup de texte, c’est très sérieux, ma femme dit même un poème de Cadiot en français ». En effet, le spectacle est plus grave que les précédents que j’ai pu voir (encore que j’en ai raté un certain nombre) et les personnages (ou les « ombres » qui s’y croisent, je préfère cette formulation) se racontent plus que d’habitude. Les musiques ne se mêlent plus seulement à de longues pantomimes silencieuses (encore qu’il y en ait beaucoup) mais elles alternent avec des récits, discours, poèmes tirés principalement de Jaspers, Canetti, Handke, Blanchot, Plath, Garcia-Marquez… et Cadiot. Lire la suite

Bonheur à « La trilogie de l’Enfer ».

On commence par voir un tableau maniériste flamand, une cuisine, qui pourrait être le décor d’une Annonciation… Peinture délicate et perspective reproduite à la taille d’une petite pièce, réalisme des détails peints (casseroles, fenêtre, gazinière). Au milieu du tableau trône un personnage assis, une femme âgée qui divague, seule, dans son intérieur en attendant la mort et surtout… sa cérémonie funèbre, à laquelle sa fille Béatrice ne manquera pas d’assister ! Lire la suite

Mes chemins dans un pays qui n’existe plus

Il est 5h40 et je viens de laisser à l’aéroport de Marignane Aleksandar, l’éclairagiste des « Femmes de Bergman » qui repart à Zagreb. J’y attends Rudy Sabounghi qui arrive de Paris à 8h40. Moment béni dans le salon de la maison que nous partageons, à quand remontait mon intérêt pour « les Balkans » pour ne pas dire « l’ex-Yougoslavie » (expression qu’ils n’aiment pas entendre) Lire la suite

SOUVENIR DE PATRICE CHEREAU

La première fois que j’entendis son nom remonte à environ quarante ans. Nous avions décidé, avec mon ami Guylain qui m’avait invité à animer le club théâtre de notre lycée un an auparavant, d’organiser des rencontres d’autres club théâtre au niveau national. C’était ambitieux, mais nous étions arrivés à inviter six équipes venues de toute la France. J’avais monté à l’occasion « Les Boulingrins » de Courteline dans une version grinçante qui se terminait par l’assassinat pur et simple de l’invité du couple… Lire la suite

CORRESPONDANCE ESSENOISE A PROPOS DE LA PIECE DE TARIQ ALI

Chers comédiens et chers collaborateurs,

A présent que me voilà rentré chez moi, je peux regarder avec un peu de distance les trois semaines passées. Nous avons en fait de compte beaucoup travaillé et peu discuté, malgré les apparences. Je préfère de loin la répétition aux débats sans fin. Et que nous a montré le travail ? Que le texte de Tariq Ali, loin d’être une mauvaise pièce, renfermait des qualités particulières. Lire la suite

Pierre

L’arrivée en classe de sixième au lycée dut correspondre à la conscience d’être fondamentalement « différent », de ne pas avoir les mêmes goûts que mes camarades, ni les mêmes aspirations. Je n’aimais ni leurs jeux, ni le sport qu’ils pratiquaient avec passion et ne me retrouvais que dans les cours de français, de dessin et de musique. Je ne me plaignais pas de cet état de choses, je le savourais d’une certaine manière tout en souffrant secrètement de ne pas être accepté par mes camarades. Lire la suite

Balade à Martigues

Je me balade le nez au vent dans les rues et au bord des canaux de Martigues. Je me sens léger, heureux, le froid commence à pincer en ce jour de novembre alors que jusqu’à hier on se serait cru en été. Mais cette sensation de fraîcheur ne fait qu’aviver encore la certitude d’un commencement… ou peut-être d’une fin. Lire la suite

FIN ET DEBUT

Je me ballade le nez au vent dans les rues et au bord des canaux de Martigues. Je me sens léger, heureux, le froid commence à pincer en ce jour de novembre alors que jusqu’à hier on se serait cru en été. Mais cette sensation de fraîcheur ne fait qu’aviver encore la certitude d’un commencement… ou peut-être d’une fin. Lire la suite

De l’amusement

Il y a une semaine je menais à Essen un fort combat contre une pièce « moulin à vent », le difficile « Don Quijote » de Tariq Ali dans lequel il n’y a pas assez de théâtre et trop de mots… Aujourd’hui je répète au soleil du midi et en pleine garrigue « Les femmes de Bergman », un texte tout autant « moulin à vent » que le précédent. A part que celui-ci je l’ai pris au collet dès le début des répétitions, lui ai tordu le cou pour lui faire dire des choses plus exaltantes que ce qu’il disait. C’est ma spécialité de cette année de m’être confronté à des textes problématiques… Fini le confort des chefs d’œuvres. Je ne regrette rien de ces expériences, pourtant je dois revenir à des écritures puissantes. Lire la suite

TROISIÈME ACTE

En reprenant les répétitions des « Nouvelles aventures de Don Quichotte » de Tariq Ali, c’est comme une nouvelle aventure qui commence. Les tensions du mois de juin, les difficiles séances de dramaturgie, les hésitations sur la pièce ont probablement porté leurs fruits. La « version scénique » que j’ai préparée au fil des répétitions de juin avec mon assistante Sarah présente aujourd’hui de gros avantages. Lire la suite