DER ROSENKAVALIER VIEILLE TRADITION VIENNOISE A ZAGREB

 

C’est assez curieux d’arriver à l’ouverture de saison de l’Opéra de Zagreb (qui est en même temps la prise de fonction de la nouvelle directrice) et d’entendre un « Rosenkavalier » (larges extraits en concert) avec un orchestre à peine bond et des solistes qui font partis de la troupe, et d’avoir la sensation d’entendre le vrai style straussien… Pourtant, dans la première suite d’orchestre, tout commençait plutôt mal: des cordes un peu minces et à peine justes, des cuivres trop fort. Mais le vieux maître Bareza connait son Strauss sur le bout de la valse et il en donne une vraie version « presque d’opérette », comme si l’on était à la Volksoper de Vienne. Et c’est ainsi que j’aime Strauss, un peu acide, vert, plutôt que trop ample, ampoulé et lyrique. Roublard aussi et presque « sale » comme joué par un orchestre de café, mais tellement savoureux! La dernière fois que j’ai entendu l’oeuvre c’était justement à la Staatsoper de Vienne, dirigée par un Jeffrey Tate déchaîné qui en faisait des tonnes, des merveilles avec une distribution à peine correcte mais avec des noms connus. Oserais-je dire que ce que j’ai entendu ce soir était autrement intéressant, avec des voix moins sophistiquées et ces timbres typiquement croates opulents et moins travaillés? Oui, ce soir, j’étais, dans ce théâtre construit par les architectes de l’empereur, dans l’univers straussien tel que je l’aime, dans lequel chaque phrase est articulée, mais non sur-interprétée pour obtenir un son ressemble à la densité du son des disques. Si je devais retenir un mot pour définir cette façon de faire, c’est la verve.
 La verve était là, avec juste un peu d’alacrité (plutôt que trop de mélancolie comme c’est devenue l’habitude dans la tradition d’interprétation d’aujourd’hui…).

J’ai tellement regretté que tu ne sois pas avec moi. Je t’embrasse à la Strauss, ma chérie viennoise.

 

Ton petit mari