CHEZ MARTHALER

Je savais à quoi m’en tenir pour avoir croisé Christoph Marthaler à la cantine du Schauspielhaus de Hambourg une heure avant le première représentation. Il m’avait dit dans un français parfait : « vous allez voir, cette fois c’est du sérieux, il y a du texte, beaucoup de texte, c’est très sérieux, ma femme dit même un poème de Cadiot en français ». En effet, le spectacle est plus grave que les précédents que j’ai pu voir (encore que j’en ai raté un certain nombre) et les personnages (ou les « ombres » qui s’y croisent, je préfère cette formulation) se racontent plus que d’habitude. Les musiques ne se mêlent plus seulement à de longues pantomimes silencieuses (encore qu’il y en ait beaucoup) mais elles alternent avec des récits, discours, poèmes tirés principalement de Jaspers, Canetti, Handke, Blanchot, Plath, Garcia-Marquez… et Cadiot. Lire la suite

Bonheur à « La trilogie de l’Enfer ».

On commence par voir un tableau maniériste flamand, une cuisine, qui pourrait être le décor d’une Annonciation… Peinture délicate et perspective reproduite à la taille d’une petite pièce, réalisme des détails peints (casseroles, fenêtre, gazinière). Au milieu du tableau trône un personnage assis, une femme âgée qui divague, seule, dans son intérieur en attendant la mort et surtout… sa cérémonie funèbre, à laquelle sa fille Béatrice ne manquera pas d’assister ! Lire la suite