En lisant « Faut-il se revolter » de Fabienne Brugere

Oui, je suis féministe ! Je suis féministe dans mes convictions de base qui demandent l’égalité des droits dans la vie publique pour les hommes et pour les femmes, bien sûr. Je suis féministe aussi pour que le féminin vienne s’équilibrer au masculin dans la gouvernance du monde et de soi-même. Enfin, je suis féministe parce que j’ai beaucoup de peine à accepter le pouvoir masculin, quelle que soit sa forme. Lorsque j’ai eu des responsabilités publiques importantes, j’ai toujours tenté de mettre de côté le rapport de force purement masculin (et qui n’a rien avoir avec son sexe ni celui de l’autre). Je n’ai peut-être pas suffisamment revendiqué cette manière « féminine » de diriger, non que j’en eue honte, mais simplement parce que je l’ignorais : je n’en avais aucune conscience et cherchait en moi-même ce qui me poussait à agir de telle manière ou de telle autre, faisant confiance à mon sens de la justesse… La conscience de cette « féminité » m’est venue ces derniers jours en lisant la philosophe Sylvie Brugère. « Le féminisme est un pouvoir d’agir qui n’est pas réservé aux femmes » écrit-elle dans son remarquable essai « Faut-il se révolter » qui vient de paraître chez Bayard. Lire la suite