Notes d’un observateur en Inde

IndeUne amie connaissant bien l’Inde m’avait avertie avant de partir : « Surtout n’oublie pas tes boules Quies ! ». En effet, j’en ai eu très besoin… lors du premier concert de musique classique indienne que je suis allé entendre, et qui était une des raisons de mon voyage, il a bien fallu se résoudre à poser sur mes oreilles les petits bouchons de cire. Les artistes eux-mêmes ne cessaient de demander aux techniciens de monter la sono par peur de ne pas être écoutés, et comme j’avais entendu les mêmes instruments dans un appartement de Delhi l’après-midi même, je sentais combien l’amplification mal faite aplatissait l’infini délicatesse des voix et des instruments… Cela fut la première manière de mesurer les difficultés à construire une coopération franco –indienne pour créer une version de « L’Orfeo » de Monteverdi associant musiciens et chanteurs des deux pays… Lire la suite

En lisant « Faut-il se revolter » de Fabienne Brugere

Oui, je suis féministe ! Je suis féministe dans mes convictions de base qui demandent l’égalité des droits dans la vie publique pour les hommes et pour les femmes, bien sûr. Je suis féministe aussi pour que le féminin vienne s’équilibrer au masculin dans la gouvernance du monde et de soi-même. Enfin, je suis féministe parce que j’ai beaucoup de peine à accepter le pouvoir masculin, quelle que soit sa forme. Lorsque j’ai eu des responsabilités publiques importantes, j’ai toujours tenté de mettre de côté le rapport de force purement masculin (et qui n’a rien avoir avec son sexe ni celui de l’autre). Je n’ai peut-être pas suffisamment revendiqué cette manière « féminine » de diriger, non que j’en eue honte, mais simplement parce que je l’ignorais : je n’en avais aucune conscience et cherchait en moi-même ce qui me poussait à agir de telle manière ou de telle autre, faisant confiance à mon sens de la justesse… La conscience de cette « féminité » m’est venue ces derniers jours en lisant la philosophe Sylvie Brugère. « Le féminisme est un pouvoir d’agir qui n’est pas réservé aux femmes » écrit-elle dans son remarquable essai « Faut-il se révolter » qui vient de paraître chez Bayard. Lire la suite

Le voleur de bicyclette

« Le voleur de bicyclette » se termine par une scène d’humiliation du père sous les yeux du petit Bruno. On les voit se fondre tous les deux dans la foule, la caméra les filme de dos, la masse humaine les avale et s’éloigne dans le crépuscule. C’est à peine soutenable : la conjonction de l’heure, de la masse et de la situation du petit garçon comprenant tout de la pression sociale qui a acculé son père à vouloir voler une bicyclette, tout concorde à rendre cette fin inoubliable. Lire la suite