À propos de « Saturne revient » de Noah Haidle

Quand plus rien n’aura d’importance

…tu dis que tu n’as jamais rien lu de pareil…, que l’auteur connaît ses classiques, Strindberg, Pinter, Ionesco…, qu’il y a des traces des dits classiques dans sa pièce, mais tu te dis en même temps que l’auteur est doué d’une capacité exceptionnelle à effacer les traces… tu te dis que c’est ça, le privilège des grands !
C’est d’ailleurs ce que passe son temps à faire le personnage de la pièce : effacer les traces du présent afin de faire resurgir le passé, je vous le dis !
Mais tu te dis aussi que l’auteur s’inscrit dans une pure tradition de théâtre américain et qu’il connaît à fond « L’étrange intermède », chef d’œuvre quasi injouable de Eugène O’Neill… dont le personnage principal est le temps soi-même… Chronos, nom grec de Saturne.
Tu te dis que c’est un titan, celui qui arrive à effacer tout devant lieu pour regarder en pleine lumière derrière lui, avec acuité et cruauté.
Tu te dis que, décidément tu as eu raison de prendre sur un rayon de librairie l’ultime roman du grand Juan Carlos Onetti qui porte le titre que tu lui avez emprunté pour votre article. Lire la suite