Pour les nouveaux cahiers de la Comédie Francaise

Je suis né au théâtre avec Goldoni.

Bien avant d’avoir la chance de voir représenter « Arlequin serviteur de deux maîtres » par la troupe du Piccolo Teatro di Milano, j’ai rêvé à douze ans devant quelques photos d’une des premières versions de ce spectacle, épinglées sur une vitrine extérieure du théâtre de ma ville natale. Le plateau presque vide contrastait avec l’exubérance des mouvements. On aurait dit un ballet !
Alors que je cherchais quelle pièce faire jouer dans le théâtre de mon lycée, le premier texte sur lequel je sois tombé était « Barouf à Chioggia » dans une édition de poche bilingue, et je l’ai monté sans aucune coupe ! Ce premier essai a emmené notre « club théâtre » jusqu’à Chateauvallon et nous a valu une tournée en Allemagne. Je rêvais déjà d’Europe !
Quelques années plus tard, alors que j’étais étudiant au TNS, je me suis retrouvé par une série de hasards proprement goldoniens, à bêcher le jardin potager de Ginette Herry, absente de chez elle et que je ne connaissais pas. Il y avait dans sa maison la plus belle bibliothèque de littérature italienne qu’on puisse rêver ! C’était un émerveillement. Plus tard, nous nous sommes rencontrés et l’amitié a fait le reste. Lire la suite