Pour les nouveaux cahiers de la Comédie Francaise

Je suis né au théâtre avec Goldoni.

Bien avant d’avoir la chance de voir représenter « Arlequin serviteur de deux maîtres » par la troupe du Piccolo Teatro di Milano, j’ai rêvé à douze ans devant quelques photos d’une des premières versions de ce spectacle, épinglées sur une vitrine extérieure du théâtre de ma ville natale. Le plateau presque vide contrastait avec l’exubérance des mouvements. On aurait dit un ballet !
Alors que je cherchais quelle pièce faire jouer dans le théâtre de mon lycée, le premier texte sur lequel je sois tombé était « Barouf à Chioggia » dans une édition de poche bilingue, et je l’ai monté sans aucune coupe ! Ce premier essai a emmené notre « club théâtre » jusqu’à Chateauvallon et nous a valu une tournée en Allemagne. Je rêvais déjà d’Europe !
Quelques années plus tard, alors que j’étais étudiant au TNS, je me suis retrouvé par une série de hasards proprement goldoniens, à bêcher le jardin potager de Ginette Herry, absente de chez elle et que je ne connaissais pas. Il y avait dans sa maison la plus belle bibliothèque de littérature italienne qu’on puisse rêver ! C’était un émerveillement. Plus tard, nous nous sommes rencontrés et l’amitié a fait le reste. Lire la suite

Courrier à un ami

Cher Jean-Pierre,
Tu m’as soumis depuis début 2011 deux questions auxquelles j’ai été bien incapables de répondre :
– comment j’interprétais dans « Hamlet » le fameux « to sleep, perchance to dream »…
– si j’avais une idée de textes théâtraux sur le matricide.
Il y a une semaine, alors que je regardais le spectacle « Hamlet » sur le point d’accueillir du public (cette fameuse répétition dont pour la dernière fois tu es l’unique spectateur le seul regard), et en laissant galoper mon esprit, histoire de voir à quoi ça ressemble,

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Qui sème le vent récolte la tempête

C’est un jeune homme qui se prend pour Hamlet qui se prend pour Dieu. Au fond,  il n’a pas envie de faire plaisir à son père mort ni de le venger en tuant son oncle, nouvel époux de sa veuve et qui a volé la royauté… Pendant toute cette longue tragédie, le jeune homme fait tout ce qu’il peut pour ne pas avoir à accomplir la vengeance et pour souiller sa mère. Son goût de la rêverie et du théâtre lui permettent d’éloigner la réalisation des promesses faites au fantôme du Père. D’innocent rêveur, Hamlet deviendra un dangereux assassin.  Il se laissera tuer à son tour bêtement dans un duel où tout a été fait pour l’empoisonner.

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